Etre journaliste judiciaire consiste, le plus souvent, à se rendre au tribunal sans savoir ce que vous réserve l’audience de la journée. Un travail où la surprise, bonne ou mauvaise, est toujours au rendez-vous. Mais parfois, il ne faut pas même se rendre jusqu’à la salle d’audience pour découvrir l’événement qui remplira l’un des hauts de page de votre quotidien préféré du lendemain.
C’est un peu ce qui s’est passé l’autre mercredi, où, avant même de rentrer dans le complexe judiciaire arlonais, l’info était là.
Un constat d’expert était en train de s’effectuer, au sein du parking réservé au personnel de l’entité judiciaire, sur un véhicule qui avait visiblement mal supporté les chaleurs de la dernière nuit arlonaise. Hasard ou coïncidence, son propriétaire se révélait n’être, ni plus ni moins, qu’un des membres du Parquet, le substitut du procureur du roi, André Jordant.
Vous imaginez donc bien à quel point ce sujet remporta le suffrage dans le choix, journalier et difficile, des thèmes à aborder lors des conversations devant la machine à café du palais.
Si dans un premier temps, la rumeur voulait que la cause était probablement une auto-combustion, apparemment plus fréquente que l’on ne l’imagine dans le chef des voitures hybrides, le rapport de l’expert qui allait suivre se voulait, lui, sans équivoque : l’origine est criminelle.
Il n’en fallait pas plus, évidemment, pour que l’esprit du tout un chacun soulève la question que, jusqu’alors, on n’osait pas vraiment formuler: La justice était-elle, à travers ce geste, visée ?
Impossible d’y répondre, évidemment, à ce stade de l’enquête, mais voilà qui, au moins, à le mérite de pouvoir rassurer tous les autres propriétaires de ce type de véhicules sur les dangers de pareille mésaventure.
Signature : Beni